Selon les Nations unies, l’esclavage existe encore de facto en Mauritanie. Il se perpétue sans réelle volonté du gouvernement de l’éradiquer malgré son abolition officielle en 1980 et sa pénalisation en 2007.
Gulnara Shahinian, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage, s’est montrée profondément préoccupée après sa visite en Mauritanie en novembre 2009. Elle a déclaré que l’esclavage y est pratiqué sous des formes très graves au sein de la société. Ce système prive les individus concernés de leurs droits fondamentaux en les réduisant au rang de possession. Il est fondé sur l’ascendance et concerne 20% de la population, soit des centaines de milliers d’hommes et de femmes noirs, mais aussi des enfants, lesquels sont particulièrement exposés aux abus physiques et sexuels.
Les Haratines ou anciens esclaves, formant plus de la moitié des Mauritaniens, continuent de faire l’objet de discrimination, qu’ils aient été affranchis ou se soient enfuis. Ils survivent dans des campements d’anciens esclaves ou dans des bidonvilles sans réels moyens de subsistance. L’absence de ressources, l’analphabétisme, et la discrimination dont ils sont victimes empêchent leur réinsertion au sein de la société mauritanienne.
Le coup d’État militaire du 6 août 2008 qui a porté le général Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir a mis fin à l’éphémère intermède démocratique qu’a connu la Mauritanie. La position du pouvoir s’est caractérisée depuis par une régression concernant la lutte contre l’esclavage, qui s’est manifestée surtout par la répression des mouvements et des activistes anti-esclavagistes. L’ONG IRA-Mauritanie (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie) a été officiellement interdite, et ses dirigeants arrêtés, torturés, et condamnés à des peines de prison en janvier 2011.
La Mauritanie a pourtant ratifié de nombreux instruments internationaux pour lutter contre l’esclavage et a mis en place en 2007 une loi qui le pénalise. Mais celle-ci n’est pas appliquée sérieusement, et elle ne permet pas aux ONG d’entamer des poursuites en justice au nom des victimes. A ce jour, aucun procès n’a pu aboutir en vertu de cette loi. De plus, aucune assistance n’est prévue pour aider les anciens esclaves à se réinsérer dans la société.
Nous vous prions d’ envoyer l’appel du mois, adressé au Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République de Mauritanie, à :
ACAT Suisse
Speichergasse 29
Case postale 5011
CH-3001 Berne
qui transmettra votre appel dans un envoi collectif
N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature.
Timbrez à 0,85 €
Écrivez avant le 31 décembre 2011